Dans un monde digitalisé, de nombreuses industries ont connu des évolutions disruptives. La musique n'échappe pas à cette tendance. Il est judicieux de dire qu'elle traverse différentes périodes qui ont marqué chaque génération. Durant mon enfance, la musique s'écoutait en CD via une chaine-hifi ou en cassette à l'aide d'un walkman. Désormais, la consommation de contenus musicaux se fait pratiquement en ligne.
La démocratisation d'Internet a fait émerger de nouveaux acteurs qui ont redistribué les cartes de l'industrie musicale. Elle n'est plus une exclusivité de labels musicaux (Universal Music, Warner Music, Sony, etc.). D'ailleurs, les artistes de renommée mondiale ont leur mot à dire sur le partage des revenus, et ainsi que leur visibilité pour capter au maximum le grand public.
Alors que les tensions géopolitiques s'accumulent du nord au sud ou d'ouest à l'est, allons à la rencontre d'une industrie qui est en constante mutation et explorons comment elle peut apporter du soft power à votre portefeuille.

Une industrie plus mondialisée
Hormis le football, et à mon échelle de connaissances de culture générale, la musique est l'industrie la plus mondialisée, ce qui peut expliquer pourquoi ce marché continue d'être en pleine expansion. Selon le Global Music Report 2025 publié par l'IFPI (Institut international de l'industrie phonographique), les chiffres révèlent une croissance continue depuis dix années consécutives.
Le streaming payant constitue l'un des moteurs de croissance avec 69 % des revenus enregistrés en 2024 et compte 752 millions d'abonnés dans le monde entier. Il domine largement le marché physique en recul. Toutefois, ce dernier affiche un sursaut depuis 2020 avec un regain d'intérêt pour le vinyle. Par contre, l'achat de CD subit un recul marqué, ce qui sous-tend des doutes quant à la pérennité du modèle économique des réseaux de distribution spécialisés.
L'accès aux acteurs du streaming a probablement favorisé l'émergence mondiale de genres hybrides tels que la K-POP, et la J-POP, issus des pays de l'Asie, tout contribuant à la démocratisation des musiques latinos, qui peinaient auparavant à se faire une place. D'une manière globale, force est de constater que la musique est consommée sur la base de la propriété plutôt que par le téléchargement, confirmant ainsi un changement d'habitude de consommateur observé depuis plusieurs années.
Le luxe d'investir dans la musique sans prendre des risques inconsidérés
Les opportunités boursières de s'exposer sur cette industrie soft power sont variées. Pour les générations bercées dans la musique des années 1980 à 2000, les labels apparaissent naturellement en tête de liste : Universal Music (UMG) qui a pris son indépendance vis-à-vis de la maison mère Vivendi, Warner Music Group (WMG), ou Sony Music, filiale du conglomérat japonais Sony Group. Leur principal avantage compétitif se repose est sur la richesse et la diversité de leurs catalogues musicaux, composées d'artistes reconnus.
L'essor des acteurs du streaming payant constitue un vecteur de visibilité et de croissance pour les labels, favorisant ainsi une intégration plus ancrée dans la chaîne de valeur musicale. Apple (AAPL) via Apple Music, Spotify (SPOT), Amazon Music (division d'Amazon) ou encore Deezer (DEEZR) négocient des accords de licences, régulièrement négociés. Ces partenariats tendant à être mutuels. D'une côté, les labels s'assurent des revenus récurrents via des redevances à chaque diffusion ou licence de musique. De l'autre côté, les acteurs du streaming payant permettent aux clients d'accéder légalement et simplement aux catalogues de leurs artistes préférés à un coût d'investissement raisonnable. À cet égard, Spotify se démarque par un écosystème réputé par son universalité et sa facilité d'accès. Ce positionnement en fait un canal privilégié des artistes indépendants à la recherche de visibilité, tout en s'imposant comme l'un des pionniers majeurs des podcasts
Les investisseurs pourraient également s'intéresser à des sociétés associées aux divertissements telles que Live Nation Entertainment (LYV), leader mondial de concerts et festivals, connu notamment par sa marque de billetterie Ticketmaster, et récemment sous les projecteurs la une de l'actualité en lien à son projet d'acquisition de Paris La Défense Arena. Ils peuvent aussi jeter un œil sur Sirius XM (SIRI), qui opère dans le domaine de la radio par satellite.
Conclusion
L'industrie mondiale de la musique poursuit son ascension, peu importe le contexte économique, géopolitique et social depuis dix années consécutives. La mutation technologique et les variétés des genres musicaux favorise sa résilience et sa commodité. Nul doute que les acteurs du streaming payant participent à cette tendance de consommation de contenus dans notre vie quotidienne. Ils apportent leur pierre à l'édifice dans la chaîne de valeur musicale : un accès simple et légal, un coût élevé d'acquisition client, etc.
Le rôle fulgurant de l'IA pourrait insuffler une nouvelle dimension à la création musicale et à l'expérience client, réputée pour sa polyvalence émotionnelle. Bien qu'on ne puisse pas fermer les yeux sur le risque des droits d'auteur, les années à venir s'annoncent passionnantes pour l'industrie musicale.

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