Analyse financière - Leçon 2 - Economie et Marchés Financiers (1/2)
Après une brève
introduction sur la théorie de
l'investissement dans la première leçon,
nous allons étudier les grands concepts économiques qui
gouvernent les marchés financiers.
Cette leçon qui paraîtra rébarbative
aux baroudeurs de la bourse, n'est
pourtant pas à négliger par les débutants.
La compréhension des mécanismes économiques
étant une des clés de l'analyse
des marchés.
Cette partie a pour ambition de vous donner
les rudiments économiques nécessaires à la compréhension
des informations que vous entendez ou lisez dans les
journaux sur la situation mondiale. Pourquoi la réserve fédérale
américaine remonte ses taux d'intérêts ? quel est
l'impact de l'inflation sur les cours de bourse ? etc.
Autant de notions qu'il faut connaître pour aborder au
mieux l'étude des marchés financiers.
Des paramètres complexes
Nous pouvons analyser le cours de l'action suivant des
facteurs dont la classification est concentrique, tout
d'abord il y a les qualités propres de la société qui
constitue le premier cercle, le plus rapproché. Ensuite
cette société fait partie d'un secteur d'activité spécifique
qui influence son comportement. Et enfin toutes ces données
évoluent en fonction de paramètres économiques nationaux
puis internationaux.

La complexité de l'analyse vient du fait que
ces facteurs sont tous interdépendants et que la
modification de l'un d'entre eux a des répercussions sur
l'ensemble de la chaîne.
Les paragraphes suivants vous proposent
donc une vision synthétique des notions économiques élémentaires
à connaître pour aborder plus sereinement l'investissement
boursier.
Les cycles économiques
L'activité économique est caractérisée par une
alternance de phases plus ou moins longues d'expansion et de
récession, la croissance économique d'un pays n'est pas
linéaire. Ces fluctuations économiques constituent des
cycles économiques.

La mesure de ces variations de l'activité économique
est réalisée par le biais d'indicateurs, le plus utilisé
en France étant le Produit Intérieur Brut (PIB).
L'incidence des cycles économiques sur la
bourse est particulièrement importante. En phase de
croissance les carnets de commande des entreprises sont
pleins, leurs chiffres d'affaires et leurs résultats
augmentent et par conséquent leur valorisation boursière
aussi.
L'essentiel pour l'investisseur étant
de détecter la phase du cycle dans laquelle on se trouve et
d'anticiper les retournements de cycles. Cette tâche est
loin d'être aisée et sa mise en pratique est complexifiée
par le fait que la bourse anticipe toutes les informations.
Le moment théoriquement idéal pour
investir est situé en fin de phase de récession avant que
la reprise ne soit constatée. C'est à ce moment que les
investisseurs conscients du retour à moyen terme d'une
phase d'expansion commenceront à anticiper cette future
croissance. Les cours de bourse se redresseront donc avant
que la reprise ne soit visible.
Inflation et déflation
L'inflation se définit comme un phénomène de hausse
permanente et généralisée du niveau moyen des prix. En
France l'outil de mesure de l'inflation est l'indice INSEE
des prix qui mesure de manière mensuelle, l'évolution
moyenne des prix à la consommation.
Chaque pays possède ainsi son propre
index qu'il convient de suivre régulièrement. L'indice
des prix le plus suivi par les analystes est certainement
celui des Etats-Unis, toute hausse de cet indice étant un
signe d'inflation, cela entraîne une peur de durcissement
de la politique monétaire des états (augmentation des taux
d'intérêts), qui est négative pour les cours de bourse.
En période d'inflation la monnaie perd
de sa valeur, les consommateurs voient leur pouvoir d'achat
diminuer si leurs revenus n'évoluent pas ou si leurs
revenus augmentent moins vite que les prix.
Le comportement typique en cas d'inflation
élevée est une fuite devant la monnaie. En effet l'argent
perdant de sa valeur chaque jour, les consommateurs réorientent
leurs flux monétaires vers des actifs résistant à cette
érosion.
Les valeurs mobilières font partie de
cette classe d'actifs. Généralement les facturations des
sociétés suivent l'inflation ce qui a pour conséquence
d'augmenter leurs chiffres d'affaires et de tirer leurs
cours de bourse vers le haut.
L'inflation est donc bénéfique sur la
valorisation boursière des sociétés, mais il ne faut pas
perdre de vue que la progression réelle ne sera pas
l'augmentation des cours en valeur absolue mais l'écart d'évolution
entre les cours de bourse et l'inflation. Si les cours
progressent sur une année de 10% avec une inflation de 5%,
la hausse réelle est seulement de 5%.
Le phénomène de déflation qui est
l'inverse de l'inflation se traduit par une baisse généralisée
des prix. Son incidence sur l'évaluation de la bourse est
donc négative.
